L'histoire de BIOGASTELL

 

BIOGASTELL, l’histoire d’une épicerie « alternative » dans un bourg de Bretagne.

Le 3 nov 1992, une boutique ouvre ses portes à Plougastel.

Plougastel : à l’époque 12 000 âmes, une presqu’île à 12 Km au sud de Brest, renommée pour ses fraises qui ont trouvé là leur essor en 18.., grâce à l’ingénieur Amédée Frézier (le destin !) qui a su marier les fraises locales (des bois) et la blanche du chili.

La boutique, 110m2, en plein centre, une grande vitrine, des meubles en bois, une vitrine réfrigérée et déjà cette odeur propre aux coops bios (tisanes+savons+épices..)

Les produits : 1 500 articles issus de l’agriculture biologique ou de qualité écologique. Des produits locaux en partie fournis par les maraîchers de la commune, du pain, du fromage à 20 Kms…des produits de toute la Bretagne, jus de pommes, cidres, gâteaux, crêpes, miels.. des produits de France, des vins, des céréales, des fruits.. et d’ailleurs, fruits tropicaux, fruits secs…

Les « épiciers » : Didier, 35 ans, consommateur « bio » de longue date, et Pierre, 36 ans, qui participe à la création de sa 4ème coop bio. A leurs côtés : une association de consommateurs qui va prêter leur nom initial de groupement d’achat « Biogastell » à la coop.

Voici donc l’aventure qui commence, audacieuse dans le choix des produits exclusivement bios, et dans le statut juridique : une coopérative de salariés, une SCOP, associant les 2 salariés et l’association de consommateurs.

Démarrage difficile, Plougastel n’est pas un gros bourg commerçant, et pâtit de l’encombrement du pont qui le relie à Brest (3/4 d’heures de ralentissement matins et soirs).

Première bougie, et soupe à la grimace, la coop accuse un déficit se 5 000 francs (c’était au siècle dernier !)

L’activité stagne. On envisage d’arrêter, ou bien…de licencier un des 2 salariés, d’embaucher des bénévoles aux heures de livraison (Hélène, J-marc, Barbara…) et de lancer des SOS autour de nous.

Banco ! Les chiffres progressent, au point qu’il faille embaucher Jocelyne 4 mois après le départ de Didier.

Pendant encore 3 ans Biogastell va fortement progressé, grâce aussi à la construction d’un nouveau pont qui va permettre un meilleur flux et profiter au commerce de Plougastel.

La « vache folle » aura à son tour un impact considérable, générant des progressions mensuelles de 40% !

Le local devient exigu, inconfortable. Les livraisons se font dehors, dans le courant d’air. Petite réserve, une seule caisse…

Et pourtant….cela va durer encore 10ans ! Toutes les tentatives de déménagement vont échouer. Fin 2005, il y a 6 salariés, 700 000 euros de chiffre d’affaire. L’inconfort est absolu, et provoque des départs de salariés.

Il y a bien un local à vendre et bien placé, en bas du bourg. Mais notre petite activité ne permet pas d’accéder à ce local de 450 000€.

Cet automne 2005, Biocoop crée une société immobilière, la SIB. Son but : acheter des locaux, ou terrains constructibles, les louer aux biocoops pendant 5 ans, et enfin, leur revendre les biens, alors qu’elles en ont les moyens.

Pierre et son équipe vont alors frapper aux portes de la SIB, et projeter l’achat du local du bas du bourg, un ancien garage de 1 000m2 de surface, dont 300 m2 de salle d’exposition en bon état, et 2 600 m2 de parking !

 

Fin mai 2006, après travaux, c’est le grand déménagement. Tout un bataillon de bénévoles, une escadrille de fourgons et remorques, de frigoristes, d’agenceurs, effectuent en 2jours le déplacement du stock vers la zone de Toul ar Ranig. Seuls un meuble à pain et la vitrine frigo libre service vont échapper à la dispersion de l’ancien agencement.

 

Juin 2006-juin 2007, c’est le boum ! Activité : + 60% !!! (35% prévus)

Et hiver-printemps 2008 : + 40%...L’équipe passera de 6 à 12 salariés.

Il faut se rendre à l’évidence, à ce train, les 300 m2 de vente qui devaient nous suffire 6 à 7 ans, vont connaître la saturation.

Automne 2008, l’équipe s’attelle à un projet d’agrandissement : passer de 280 m2 à 450 m2 de vente. Mais aussi inventer un nouveau concept, en donnant à la partie agrandie l’aspect d’une place de village, avec coin café, fontaine, auvents, trompe-l’œil…

Gros chantier au printemps 2009 : la Scop investit 125 000 € dans les travaux d’agrandissement, et 125 000 € d’équipements nouveaux, en particulier dans le froid.

 

Et le 1er aout, après 4 jours de déménagement avec la fameuse équipe de 2006, et plusieurs nouvelles têtes, Biogastell ouvre et offre à ses consommateurs un magasin agrandi, relooké, avec de nouveaux rayons : la boucherie traditionnelle tenue par un « pro » renommé sur le secteur, Michel. Et un rayon textile géré par Céline embauchée a l’issue de ses 2 années d’apprentissage.

Pendant plusieurs mois, la Scop va bénéficier de ces nouveaux services et de sa bonne renommée, et connaître des progressions de plus de 20%.

En même temps, de nombreuses biocoop marquent le pas. La crise ? la concurrence des grandes surfaces ?

La conjoncture nous rattrape en mai 2010 et va s’accentuer.

L’ouverture d’une nouvelle biocoop à Landerneau au mois de juin va impacter Biogastell, qui va connaître ses 1ers mois de récession.

L’équipe un court moment déconcertée va alors réagir, et prendre plusieurs mesures, de services, de communication, d’animations. Et renouer avec la progression, modeste, mais qui nous éloignera un certain temps d’une période difficile….

2010 progressera en fin de compte de 12.24 %, bien loin des progressions de 2009 : + 21.28 % et de 2008 : +20.57 %.

Les premiers mois de 2011, dans la continuité de la fin de 2010, sont en bonne progression, la crise s’éloigne t‘elle ?

Au printemps l’Assemblée des salariés sociétaires vote à la majorité un projet audacieux et séduisant : l’agrandissement du labo boucherie (minuscule) et la création d’un labo de cuisson. Coûts annoncés : 85 000 € pour le bâti, l’électricité et la plomberie, et 35 000€ pour la réfrigération et le matériel. Le but : réaliser nos propres cuissons « maison » (terrines, rillettes, boudins, rôtis…) et ainsi utiliser 100 % des carcasses (sans les os !). Mais aussi offrir un poste de travail à temps complet à un nouveau boucher à trouver en remplacement de Michel désormais à 1/3 temps, et bientôt en retraite bien méritée.

Les travaux débutent en septembre et prennent fin 2 mois plus tard.

 

Le nouveau service va aussitôt connaître un succès remarquable, surtout au moment des fêtes de fin d’année. L’année se conclut, comme en 2010, avec une progression à 2 chiffres : +14.50% ! Un vrai pied de nez à la morosité ambiante.

2012 s’annonce sans grands projets, l’enseigne à changer (afin de diminuer la nouvelle taxe sur les enseignes, ruineuse pour nous), un bureau à construire pour notre compta très à l’étroit dans un petit bureau. L’agrandissement du rayon « traiteur », embryonnaire… ?

Une année de prudence, on parle d’accentuation de la crise, c’est une année d’élections. 

 

Fin septembre 2012, roulement de tambour...Biogastell fête en grande pompe ses

 

                       20 ANS.

 

Et puis on repart pour un tour. Après un été nul en activité (les bretons ont fui leur région, et les touristes l'ont boudée!), et suite à l'anniversaire (?), on retrouve une progression disons normale. En novembre le service arrière boucherie charcuterie est rallongé de 2m50, en prévision d'accueillir de nouveaux produits traiteurs. Le petit coin « pause-consommateurs », hélas disparaît. Il est vrai qu'il ne servait pas beaucoup.

 

2013, l'année commence par quelques modifications internes, notre réserve bénéficie enfin d'un rideau métallique, étanche, sécurisé, et facile de manipulation, à la place d'une énorme porte coulissante, qui ne coulissait plus beaucoup.

Un nouveau bureau administratif voit le jour.

 

 

Un événement contrariant va nous empoisonner la vie pendant plusieurs jours : la compagnie des eaux nous annonce une fuite dans notre réseau interne, quelquepart sous le bitume, à l'arrière du magasin. Nous mettrons une semaine à creuser dans plusieurs endroits, pour ….rien. La fuite est peut-être sous le carrelage du magasin !! En fin de compte un « repiquage » du circuit d'arrivée d'eau est réalisé, nous laissant une belle ardoise de travaux, et de consommation d'eau.

 

 

Mai, les anciens stores extérieurs (couleur « toile de tente années 70 », laissent la place à des stores bien pétants ! Jaunes et verts. Montant : 2 000 euros, c'est pour la petite histoire l'économie prévue en 2013 sur les paiements par chèques choisis par les consommateurs au lieu des paiements par cartes bancaires !!

 

Le printemps s'annonce.

 

Rendez-vous en automne !